Randonnée : 2 jours au cœur des Vosges

Ca y est, le cap est franchi. J’ai fais mon premier bivouac en randonnée. C’était vraiment quelque chose que je voulais faire depuis longtemps, une étape dans ce que j’ai à faire dans ma vie (tu sais, ces wish-list d’accomplissement, ou de trucs que tu veux absolument faire avant tant d’années). J’ai toujours randonné, depuis que je sais marcher, j’ai toujours crapahuté dans les volcans d’Auvergne ou les montagnes basques (merci papa, merci maman qui m’ont donné le goût de la randonnée) et depuis deux trois ans, je m’y suis vraiment remise (merci mon barbu). Acquisition au fur et à mesure de matos de plus en plus adapté à nos objectifs. On randonne souvent, à la journée, autour des 15-20 kilomètres mais le bivouac était quelque chose qui me trottait de plus en plus dans la tête.

C’est parti, on bloque deux jours dans nos agendas qui feraient rougir un ministre et on fixe la zone où on ira. Les Vosges sont quand même un sacré beau terrain de jeu, c’est donc par là qu’on ira. Mais c’est grand les Vosges. Le Hohneck sera le point de départ. Et je veux aller au lac des Corbeaux, je ne le connais que de photos et j’ai vraiment envie d’y aller. On reviendra au Hohneck par un autre chemin.

Je vous ferait peut être un article sur le matériel à emmener en randonnée/bivouac si cela vous intéresse mais le sujet du jour est plus la beauté de notre rando 😉

C’est parti !

Départ donc au col du Hohneck, on en a déjà pris pleins les yeux sur le chemin en passant par la route des crêtes. Je suis toujours émerveillée par ce coté des Vosges. On laisse la voiture au parking, on charge les sacs à dos sur nos épaules et on attaque. Un ptit coup d’œil amoureux à ce massif des Vosges, on aperçoit même un chamois. On commence par un beau passage dans les chaumes, sur les crêtes et on aperçoit déjà au loin un lac vosgien qui est celui de Blanchemer. On descend ainsi jusqu’au Rainkopf.

On continue jusqu’au col du Bramont où on va jusqu’au col de la vierge. Et je peux vous dire que sur les derniers kilomètres, elle s’est fait sentir la vierge ! Une belle montée ardue sur le dernier kilomètre qui nous a bien fait travailler les cuisses ! On le savait qu’on aurait ce genre de montées, on est dans les Vosges, ne l’oublions pas ! On est le plus souvent en forêt, soit sur des chemins forestiers, soit sur des sentiers. De jolis points de vue nous accompagnent et on se dit qu’on a bien choisis les parcours. Le but était de bivouaquer au lac des corbeaux et si possible d’assister au coucher du soleil au point de vue qui le surplombe : la roche du lac. Vue l’heure où on est parti (plus tard que prévu), je ne me faisais pas d’illusions et avait fait mon deuil de ce léger caprice de randonneuse. Mais que nenni, le barbu suisse est plus têtu que moi et on ira, coûte que coûte, vaille que vaille. Je peux vous dire que les cuisses et les mollets ont travaillé mais on y est arrivé ! Un nouveau dernier kilomètre à travers les caillasses (vive les Vosges !) et nous y voilà ! On aura pas vraiment le coucher de soleil espéré mais j’en prends plein les yeux ! Je crois que c’est mon gros kiff de rando les points de vue tout en haut des lacs. Les yeux émerveillés, on admire les lumières du soleil couchant sur les sapins vosgiens. Magnifique spectacle de dame nature. Mais il faut repartir car on ne peut pas planter la tente ici et on ne sait pas trop où on va le faire. On redescend donc vers le bas du lac et là, pile devant, vers le parking on trouve le spot idéal. Pas le plus glamour ni bucolique mais il est parfait pour la taille de la tente et on est au bord du lac, on a pas eu de coucher de soleil, on aura le lever du soleil. Installation du bivouac pour la nuit, on dîne au coin du réchaud une bonne soupe lyophilisée (et du pâté, faut pas déconner non plus hein !). Bonne nuit !

On avait guetté l’heure du lever du soleil, mis un réveil mais quand tu dors presque à la belle étoile, c’est la nature qui te réveille et c’est le meilleur des réveils. On avait donc les yeux ouverts un peu avant l’heure du lever et on a pu voir le ballet des lumières pour arriver à ce superbe panorama. Une réflexion parfaite, des couleurs magnifiques, tout cela nous donne l’énergie nécessaire pour attaquer cette deuxième journée de marche.

On descend de notre lac pour rejoindre La Bresse où on retrouve Simon et Pauline, les copains blogueurs de Péripléties. Un ptit déj pour prendre des forces et on retrouve les chemins vosgiens qui grimpent ! Une bonne heure de grimpette à travers les bois pour rejoindre les chaumes et les points de vue de chaque côté du sentier. Notre objectif est de pique niquer au lac d’Ispach. Je ne connais pas non plus ce lac. Il est totalement différent de celui de la veille, on se croirait presque au Canada (enfin j’imagine vu que je n’y suis jamais allé). Il est paisible. Il est au pied d’une toute petite station de ski et je me dis que j’y retournerais bien cet hiver pour apprendre à skier sans trop de monde.

On repart ! On doit atteindre le sommet du Hohneck et on sait qu’on va grimper pas mal. Encore une fois, les sentiers vosgiens ne dérogent pas à la règle. On passe par un chemin dont je vais me rappeler un bon moment ! Je bénis d’avoir mes nouvelles chaussures aux pieds. On est sur un petit sentier escarpé, pentu, un certain vide à notre gauche et devant nous, des caillasses et des grosses racines. Et là, la panique m’envahit. Pourquoi, j’en sais rien, je n’avais plus peur dans les descentes, était sereine grâce à mes nouvelles chaussures qui adhéraient super bien; le groupe est un peu plus devant, je prend mon temps, mais ma gorge se serre et les larmes montent. Je sais que la rando est un défi pas après pas, que sortir de sa zone de confort et y arriver sont de supers fiertés. Mais pour l’instant je ne pense pas à ça, je ne peux pas. Mon barbu et les copains ont vu que ça n’allait pas. Leurs encouragements sont bienveillants mais là, tout de suite, je ne les entends pas, je veux seulement en finir avec ce sentier. Mon barbu passe derrière moi et rien que ça, ça change tout, je me sens plus sécurisée et peux avancer plus sereinement. Mais malgré tout, j’admire l’environnement autour de nous et wahou ! Je n’avais jamais vu les Vosges ainsi, des fougères supers hautes, des arbres à perte de vue, des arbustes inconnus mais un tout qui donne un air d’Amazonie au cœur de notre région. C’est calme, étouffé, la nature nous enveloppe et on se sent tous petits, presque soumis à elle. On en prend pleins les yeux ! Enfin, on arrive au bout de ce chemin. Il me faudra du temps pour arriver à éprouver de la fierté d’avoir fini ce chemin difficile (comme l’indiquait un panneau que je n’avais pas vu avant, et heureusement peut être).

Il est temps de reprendre son souffle, son inspiration et d’aller de l’avant, il nous reste pas mal de kilomètres pour atteindre notre sommet et de savourer la bonne bière qui nous attend (c’est le rituel de fin de rando :p). On continue d’osciller entre sentier de forets, chemins forestiers et on finit par atteindre les chaumes propres au Hohneck. On ne cesse d’admirer ces vues étendues qui donne autant sur les forêts de sapins, que des lacs ou les crêtes. Sauf qu’on voit que le ciel se couvre et que ça va vite !! Les derniers kilomètres sont aidés par le fort vent qui accompagne quelques gouttes de pluie et on arrive enfin au sommet ! Un air d’Écosse nous entoure mais ne nous enlève pas le sourire de fierté qui orne nos visages ! On est enfin arrivé , on peut savourer la bonne pinte et tarte aux myrtilles !

On a fait le total de nos deux jours de bivouac. On est parti avec une carte IGN et on a suivi les balisages de la carte. Je ne faisais que des randos avec Visorando jusque là et j’ai adoré celle ci en suivant une carte. On fait soit même son itinéraire et c’est palpitant ! Alors le seul bémol c’est qu’on ne sait pas trop ce qui nous attend comme dénivelé (même si ça, on peut le deviner) mais pas la difficulté ou sortes de sentiers. Peut-être qu’en faisant des recherches en amont de la randonnée, en cherchant morceaux par morceaux de la rando on peut trouver ces infos. Je m’y attellerais surement la prochaine fois. On avait pensé faire une trentaine de kilomètres au total… on en a fait 40 ! On a marché plus de 12h au total. Pas de blessures à déplorer (une ampoule au pied, ça compte pas) et des supers souvenirs entre amis, dans sa tête, dans ses jambes aussi !! Mais surtout, l’envie de repartir aussitôt le sac à dos posé !

Quelques jours après, je peux peut-être savourer ce petit sentiment de fierté d’avoir réussi à surmonter une attaque de panique sur ce sentier escarpé mais je n’y arrive pas complètement. Je m’en veux alors que je n’y suis pour rien mais je suis « triste » ? Je ne sais pas trop quel sentiment faire sur mon ressenti mais je me dis que certaines randonnées que je veux faire plus tard ne seront peut être pas pour moi, qu’après avoir eu cette réaction, je vais encore avoir peur les prochaines fois…

Désolé pour cet article long, très long. Il est plus en mode ressenti, presque en mode journal intime plus qu’un article habituel de rando. Je me suis posé aussi la question de le faire ou non, c’était plus une expérience perso que pour le blog et puis le voilà. Plus de 1800 mots plus tard et je n’arrive pas à m’arrêter.  Mais surtout, je voulais vous faire partager ces paysages splendides que j’ai pu voir au cours de ces deux jours. On a un magnifique terrain de jeu et je ne le répéterais jamais assez mais sortez de chez vous, allez prendre l’air ! Ce bivouac, ces 40 km, ces 12h de marche ont été sur mon seul jour de repos, j’avais fini le travail à midi le jeudi (depuis 7h du matin). Et bien j’ai eu l’impression d’être parti longtemps, cette déconnexion était impressionnante, on oublie l’effort physique tant que ça fait du bien à l’esprit. Les courbatures le lendemain font du bien aussi presque !!! Elles rappellent qu’on est vivants et pourquoi elles sont là, à chaque pas fait en grimaçant, je pensais aux montées ardues, aux cailloux franchis et aux racines enjambées mais aussi aux larmes aux yeux devant tant de beauté devant nous tout au long.

Allez je m’arrête là ! Merci d’avoir lu jusqu’au bout. Promis, la prochaine fois, je referais un article plus terre à terre, plus technique 😉

 

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